C’est le temps de …

Le 12 novembre 2015 – par Dominique Raphel
C’est le temps de la mobilité, du nord vers le sud ou du sud vers le nord, du sud vers le sud …
C’est le temps des mobilités inégalement vécues, de la traversée des mers, du franchissement des murs inutiles, de l’éparpillement des frontières insensées, quelles que soient les raisons qui les provoquent, dans la recherche d’une Autre vie … au risque de la mort.
C’est le temps d’une nouvelle « Mare Nostrum » qui appartient à la diversité humaine,
C’est le temps des inégalités multiples
C’est le temps de la peur de tout perdre devant la crise
C’est le temps de l’espérance devant le néant, devant le plus rien à perdre, la fuite de la guerre
C’est le temps des vieilles complicités entre les pouvoirs économiques pour mieux le préserver face à un autre développement,
C’est le temps de la perte éthique ou de la renaissance morale, le temps de la barbarie ou de l’humain
C’est le temps du choix entre le repli sur soi et l’ouverture à l’autre
C’est le temps de la reconstruction des nouvelles formes de solidarité, du local au global
C’est le temps du Tout monde,
« … le monde comme totalité, si dangereusement proche du totalitaire » .
Edouard Glissant in Traité du Tout-Monde
Chaque geste comptera,
chaque décision aura du sens
chaque engagement politique portera une signification
Chaque jour qui passe apporte un éclairage sur ce qui se joue
Entre les conditions imposées par les pays du nord aux pays du sud pour la gestion des volontés migratoires (dans la mobilité sud nord seulement) ET les attentes des populations africaines pour la révision des formes de développement économique et de pouvoir des multinationales,
Entre la condamnation de l’Etat français pour son absence d’accompagnement des conditions de vie des migrants à Calais ET l’organisation des réseaux citoyens d’accueil spontanés et généreux,
Entre les constats partagés de discrimination ET l’affrontement à l’injuste inégalité
Entre la décision d’un maire de « valoriser exclusivement la culture occidentale » ET le refus citoyen des salarié-e-s d’appliquer cette orientation politique contraire à l’essence même du politique qui gère la cité, la polis, l’art de vivre ensemble,
Chaque geste comptera
chaque décision aura du sens
chaque engagement politique portera une signification
Du local au global